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Le blog de Eric de Falco

Le blog de Eric de Falco

conseiller général du 1° canton de Rouen


A quand le Goulag?

Publié par Eric de Falco sur 8 Juillet 2009, 09:15am

Catégories : #actualité

Son dossier est bon, ses notes sont au rendez-vous. Pourtant, Tristan est, pour l'heure, privé de rentrée. Ce matin, devant le rectorat, ils étaient une cinquantaine - professeurs, parents d'élèves, ou représentants politiques - venus soutenir cet élève de 1ère ES au lycée Maurice Ravel, dans le vingtième arrondissement parisien. Tous étaient là pour demander des explications à l'inspecteur d'académie, face à une décision jugée «purement discriminatoire».

L'histoire de Tristan commence le 16 juin dernier. Elève en 1ère ES au lycée Maurice Ravel à Paris, il se rend au secrétariat de son établissement pour y déposer son dossier de ré-inscription, synonyme de passage en terminale.

Surprise: son dossier est refusé. En l'état, sa ré-inscription n'est pas acceptable. Quel genre de fautes a pu commettre cet élève pour être mis au ban? Ce n'est pas du côté des résultats scolaires qu'il faut chercher l'explication. L'élève termine son année de 1ère avec une moyenne de 14/20. Une enseignante évoque un «garçon très agréable, très curieux, passionné».

Meneur. En fait, il doit cette situation, a sa participation active aux mouvements lycéens de cet hiver contre les lois Darcos. Activement, c'est peu de le dire. Il est considéré comme le meneur de son lycée. «C'est souvent lui qui s'exprime», raconte une amie. Il organise des réunions d'information, soutient le blocage. C'était déjà le cas l'année précédente.

Depuis, il est dans le collimateur du proviseur, Philippe Guittet. L'homme goûte peu les blocages. «Cela coûte très cher, c'est très perturbateur», confie-t-il à «Libération». Les mouvements «démobilisent» les autres élèves. Il fait donc une requête: Tristan ne sera autorisé à s'inscrire en terminale que s'il s'engage, par écrit, à ne plus bloquer son établissement. Ce dernier refuse. Même si d'autres élèves ont participé à l'organisation du mouvement, Tristan est le seul inquiété. «On veut faire de son cas un exemple», soupire un parent d'élève, proche du lycéen.

Pas valable. «Je ne souhaite pas me débarrasser de cet élève», se défend Philippe Guittet. Avec cette requête, il estime qu'il ne lui «demande pas l'impossible». Lors des blocages, le proviseur n'a pas contacté la police. Même raisonnement ici: il s'agit de «traiter ça en interne». Mais voilà, le motif de non-inscription n'est pas valable. Même si Tristan ne formule pas sa promesse écrite, il ne pourra être exclu de l'établissement, car aucune commission de discipline ne s'est réunie à ce propos.

Philippe Guittet cherche donc à calmer les ardeurs du lycéen. Peu diplomate, le proviseur a d'ailleurs signalé cette condition à Tristan, seulement trois jours avant les épreuves du bac de français. Le rectorat de Paris, alerté, n'a pas pris position: «la décision finale reviendra au proviseur». Qui a jusqu'au 2 septembre pour le réinscrire. 

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