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Le blog de Eric de Falco

Le blog de Eric de Falco

conseiller général du 1° canton de Rouen


Jusqu'où iront-ils?

Publié par Eric de Falco sur 23 Février 2013, 08:32am

Catégories : #actualité

Le scandale des plats au bourrin n’a pas encore refroidi que la Commission européenne a annoncé jeudi, en pleine tourmente, qu’elle autorisait la réintroduction de farines animales - issues de porcs et de poulets - pour les élevages de poissons. Une décision prise en juillet 2012, mais annoncée cette semaine. Ce qui «tombe mal», a réagi le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot. «Faut-il avoir le sens politique d’une huître, renchérit dans un communiqué la députée européenne Isabelle Thomas (PS), pour abîmer ainsi la perception que se font de l’Europe les citoyens ? Nous demandons à la Commission de revenir immédiatement sur cette décision.»

Même si elles sont d’un autre genre, les farines animales sont à jamais liées au scandale de la vache folle et leur utilisation pour les ruminants (bœuf, mouton, chèvre, vache, etc.) a été interdite dans l’UE en 1994 et en 2001 pour l’ensemble de l’alimentation animale. Dans un communiqué, Bruxelles assure que la décision «est conforme aux avis scientifiques les plus récents selon lesquels le risque de transmission d’ESB entre animaux non ruminants est négligeable pour autant qu’il n’y a pas de recyclage entre les espèces».

En 2011, l’Agence française de sécurité alimentaire (Anses) avait pourtant donné un avis négatif pour l’utilisation des PAT, estimant que deux conditions «incontournables» n’étaient pas réunies : «D’une part, une parfaite étanchéité des filières produisant et utilisant les PAT, et, d’autre part, la mise au point d’une méthode de détection et d’identification de ces produits permettant de caractériser l’espèce animale d’origine.» Les associations de consommateurs réclament un étiquetage clair, dès lors qu’un poisson ou un crustacé aura été élevé avec des farines animales.

 

Dès le 1er juin, ces animaux pourront donc se régaler avec des protéines animales transformées de porc et de poulet. Depuis plusieurs années, la Commission cherche à infléchir la législation, notamment sous la pression des filières qui cherchent des sources de protéines à bas coût. L’aquaculture européenne en fait partie. Elle produit près de 2 millions tonnes de poissons et crustacés par an (47 000 tonnes en France), un secteur qui a progressé de 35% en l’espace de dix ans. Dans le monde, un poisson sur deux provient d’un élevage. Le besoin d’aliments transformés a explosé en conséquence : 5 millions de tonnes de farines de poisson et 1 million de tonnes d’huiles de poisson ont été produites en 2009.

 

Dans les années 50, les élevages de poissons utilisaient déjà des déchets d’abattoirs, remplacés au fil des ans par d’autres sources de protéines et de graisses.  Pourtant, l’usage des farines de poisson a chuté. En 1995, elles représentaient 45% de la ration alimentaire des poissons d’élevage, une part ramenée à 13% aujourd’hui.

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