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Le blog de Eric de Falco

Le blog de Eric de Falco

conseiller général du 1° canton de Rouen


L'intox, l'argent, tout devient possible......

Publié par Eric de Falco sur 12 Juin 2013, 06:30am

Certes, la France a interdit, en 2011, l’exploitation de cette ressource par la méthode de la fracturation hydraulique. Certes, l’automne dernier, François Hollande en personne s’est opposé à ce type d’extraction. Mais voilà que ça tangue. Les gaz de schiste refont surface. Au sens propre (si l’on ose l’adjectif) aux États-Unis : ils fusent dans des milliers de tuyaux et de têtes de puits, entre Pennsylvanie, Texas et Dakota. Ils refont surface également, au sens (pour l’instant) figuré en Europe et singulièrement en France… Les industriels en veulent, et vite ! Question de compétitivité. Les financiers les réclament et, derrière eux, des escadrons d’économistes et de journalistes.

 

Les descriptions de ces thuriféraires nous offrent la perspective d’un "Eldorado français". Il est avéré que l’humanité aura de moins en moins de combustibles fossiles à brûler. Charbons et hydrocarbures existent en quantité limitée dans la croûte terrestre, puisqu’ils y ont été formés par la décomposition bactérienne de cadavres d’animaux ou de plantes, durant des centaines de millions d’années. Quand y en aura plus, y en aura plus, dit la sagesse populaire ; laquelle ajoute que moins y en a, plus ça coûte ! L’autre problème, plus préoccupant encore, est que la combustion de ces matériaux engendre un puissant effet de serre. Si nous continuons sur notre lancée, un chaos climatique effroyable se profile en l’an 2100, c’est-à-dire dans pas longtemps. Le pétrole s’épuise : on n’en a découvert aucun gisement majeur depuis plus d’un demi-siècle. Le gaz naturel est à peine plus abondant. Le charbon existe en masse, mais c’est le plus polluant de la lignée. Certains prévisionnistes fondent leurs espoirs sur la récupération massive d’hydrocarbures appelés "non conventionnels".

 

Les plus récents espoirs reposent sur les gaz et huiles de schiste. Il existe, sous forme de bulles ou de gouttelettes, de gros tonnages de ces composés fossiles, emprisonnés dans des couches de roches sédimentaires, à 2000 ou 3000 mètres sous la surface du sol. Principalement dans des strates de schiste, d’où le nom. Pour récupérer ces "trésors", on utilise la méthode dite de "fracturation hydraulique", qui consiste à forer à la verticale, puis à l’horizontale jusque dans la couche fertile. On ne récupère les bulles ou les gouttelettes précieuses qu’en fissurant la roche-mère. En la fracturant, puis en y injectant d’énormes quantités d’eau chaude, à laquelle il est indispensable d’incorporer du sable (pour éviter les bouchons), des antibiotiques (contre les proliférations de bactéries), des lubrifiants (pour accélérer le transit), sans oublier des détergents aussi agressifs que le Destop. Cette façon de procéder est lourde de nuisances. Elle menace de polluer pour des siècles nos nappes phréatiques, c’est-à-dire nos puits et nos sources d’eau potable.

En France, nul ne sait encore s’il existe vraiment des gaz de schiste dans le sous-sol. On en soupçonne en Île-de-France, en Lorraine, en Normandie, en Franche-Comté, en Rhône-Alpes, en Aquitaine, en Languedoc… On entend dire et répéter qu’avec la Pologne, notre pays pourrait en devenir un producteur majeur. Le rêve du jackpot annihile la capacité de raisonnement des responsables comme du citoyen de base. Nous sommes à deux doigts de puiser dans cette ressource. Pourquoi les Américains le feraient-ils et pas nous ? Pourquoi nous priver de cette cagnotte ?

Les industriels et les économistes mettent la pression sur une opinion publique déjà largement prête à sacrifier la pureté de son eau douce sur l’autel de son pouvoir d’achat. Afin de contourner l’interdiction de la fracturation hydraulique, les "spécialistes" nous font croire que nous disposerons demain de méthodes d’exploitation "moins agressives" et "plus écologiques". Ce sont là les oripeaux publicitaires d’un crime contre la Terre et l’eau ! Car le réel est têtu : la seule technique efficace pour récupérer des gaz ou des gouttelettes à grande profondeur consistera toujours à briser menu la roche mère. Il n’existe pas de plan B. Lorsqu’il était Premier ministre, François Fillon avait fourché de la glotte et parlé du "gaz de shit". Ce n’était pas un lapsus en franglais, mais l’énonciation d’une vérité : les gaz de schiste sont des gaz de merde dont tout le monde pourra demain renifler le parfum

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