Il y a eu le changement de président et de majorité et les premières mesures annoncées sur la retraite à 60 ans pour les carrières longues, le relèvement de l’Allocation de rentrée scolaire ou encore les créations de postes dans l’éducation nationale…
Mais la différence porte tout autant sur la situation économique et sociale.
Celle-ci s’est aggravée en France comme en Europe. La récession menace et chaque jour qui passe apporte la démonstration que les politiques d’austérité et de « discipline budgétaire » enfoncent un peu plus l’Europe dans la crise.
Le cap des 3 millions de chômeurs vient d’être franchi. Derrière le chiffre officiel, il y a une réalité sociale qui se dégrade avec 5 à 6 millions de salariés précarisés, des plans sociaux qui se multiplient et un pouvoir d’achat qui pourrait, selon l’Insee, baisser de 1,2% cette année pour la première fois depuis 1984 !
Le lobbying du patronat pour une baisse du coût du travail s’approfondit et les marchés financiers – cet ennemi invisible vilipendé à juste titre par François Hollande pendant la campagne – continuent leurs pressions.
Cet approfondissement de la crise sociale et économique exige, d’autant plus, de satisfaire les attentes sociales. Ce sont elles qui ont été un des ressorts principaux de la victoire de la gauche en mai et juin derniers.
L’impatience dont parlent les médias n’est rien d’autre que l’attente de réponses au chômage qui progresse, à la multiplication de plans sociaux et à la baisse du pouvoir d’achat.
L’enjeu de cette rentrée est là : répondre à l’urgence sociale avec la conviction que c’est le meilleur moyen de mobiliser le peuple de gauche pour faire face à la crise et à son approfondissement.
Augmenter les salaires, c’est plus de consommation, c’est plus de cotisations sociales, c’est plus d’impôts qui rentrent ! C’est une voie plus sure face à la crise que celle du plus d’austérité pour plus de compétitivité (ce qui revient à une course aux profits dont on sait qu’ils ne sont pas investis dans la sphère de la production), prônée par le patronat.
Côté gouvernement, chercher un chemin de crête, c’est l’assurance de mécontenter et les salariés et le patronat. Reculer ou étaler la mise en œuvre des 60 propositions ne peut que susciter interrogations car bon nombre de ces propositions répondaient à des urgences.
Certes, on peut faire des compromis, se donner des délais. La question du retour à l’équilibre des comptes publics – avec notamment la barre des 3% de déficit – doit être réévaluée notamment du fait des perspectives de croissance.
Plusieurs économistes soulignent l’absurdité de cette norme des 3% érigée en dogme par la commission européenne. Déjà, les Pays bas annoncent qu'ils refuseront toute amende ou pénalités si ils décalent de deux ans l'objectif des 3%. Ils réclament un plan d'investissements publics à l'échelle de l'Europe.
Il devient vital que l'Europe mène une politique offensive pour lutter contre la spéculation financière qui vérole la vie économique mondiale, au delà des pratiques contestables de la Chine et des Etats-unis
Quand à notre situation sociale, il devient urgent de rentrer dans le dur de la réforme fiscale annoncée par François Hollande . Fusionner la CSG et l'impôt sur le revenu, transférer quelques points de cotisations sur les salaires à la CSG, augmenter les salaires.
Bref, une véritable politique de gauche que le gouvernement va mener plus vite que prévu initialement