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Le blog de Eric de Falco

Le blog de Eric de Falco

conseiller général du 1° canton de Rouen


Une autre programation du logiciel!

Publié par Eric de Falco sur 16 Juin 2014, 06:54am


"Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde", écrivait Vaclav Havel en décembre 1989, après la chute du mur de Berlin. C'est l'économiste Pierre Larrouturou qui rappelle cette citation de l'ancien président tchèque lors d'un débat sur l'avenir des jeunes aux Journées du Havre, organisées cette semaine par "le Nouvel Observateur".

Changer le monde… Comment, déjà, réformer la France ? Blocage à la SNCF, menace sur les festivals, grève des taxis… Le Premier ministre Alain Juppé avait dû reculer en 1995 face aux mouvements sociaux, le gouvernement Valls y parviendra-t-il ? C’est en tout cas une nécessité, estime l’économiste Philippe Aghion : Nous ne sommes plus une économie de rattrapage comme lors des 30 glorieuses, mais une économie de l’innovation, ce n’est pas que la demande qui relance l’économie." Mais comment parvenir à développer une nouvelle offre ?

Pour l’essayiste Nicolas Baverez, le problème de la France se situe dans son incapacité à agir : "Les problèmes ne datent pas de 2014. Nous n’avons toujours pas un système tourné vers l’action. Alors que les choses se font ailleurs." Chômage, croissance, dépenses publiques, les pays européens progressent, la France prend du retard. François Hollande a deux cerveaux, aime à rappeler un proche. Lorsque le premier comprend ce qui est nécessaire pour réformer l’économie, le second, politique, reprend toujours la main pour expliquer que ce n’est malheureusement pas faisable. "Il faut dire la vérité, et c’est mieux si on le fait avant d’être élu, fait remarquer Jean-Marc Sylvestre. Mais peut-être est-il difficile de recueillir les voix des électeurs sans leur dire ce qu’ils souhaitent entendre ?"

Expliquer la politique d’innovation française. C’est justement ce à quoi s’attèle la secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire, lors du débat suivant. La France est entre le 16e et le 20e rang mondial pour l’innovation, alors qu’elle a le 5e PIB mondial. "Il faut changer la façon que nous avons d’appréhender l’innovation", dit-elle.

De son côté, l’ancienne maire de Strasbourg, Fabienne Keller, estime que les Français sont trop frileux. "Notre système éducatif souligne l’erreur, la faute", remarque-t-elle. Par aversion du risque, nous avons inscrit le principe de précaution dans la Constitution. Faut-il y inscrire également un principe d’innovation, comme l’ont récemment proposé un certain nombre d’élus ?

Peut-être doit-on s’interroger avant sur ce que l’on veut inventer, suggère Etienne Klein, directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique. L’innovation doit être au service du bonheur, non de l’économie, dit-il en substance. Mais une société peut-elle innover quand elle est en crise ? Dans la salle voisine, on s'interroge sur la crise d'identité que traverse la société française. Est-elle une conséquence de la crise économique ? "Si nous étions dans une période de pleine croissance, les débats sur le multiculturalisme et la laïcité seraient plus sympathiques, mais ils existeraient quand même, affirme la journaliste Caroline Fourest.

Car il y a dans le monde une actualité extrêmement angoissante et une montée des intégrismes religieux qui sèment la terreur". L'essayiste Alain-Gérard Slama souligne néanmoins que "plus la situation matérielle se tend, plus on se replie sur ce qui est familier et proche". Un repli également dû à la mondialisation de l'information, selon Caroline Fourest : "Face au bombardement de nouvelles, nous sommes obligés de réduire la masse, et les gens finissent par recréer des cercles". Comme on choisit ses amis sur Facebook. Elle pointe notamment la dérive dans les commentaires sur internet : "On commence sur n'importe quel sujet et on finit toujours sur les homosexuels, les musulmans et les juifs, et entre temps on a appris qu'il y a un complot mondial et que tout le monde nous ment. Cette violence qui s'est libérée en parole sur internet finit par nous contaminer dans la vie réelle". Signe de cette crise, elle observe que les intégristes de tous bords se rejoignent en des attelages improbables : "Frigide Barjot intervient au congrès de l'UOIF (l'Union des organisations islamiques de France), et ceux qui lancent une banane à Christiane Taubira retrouvent ceux qui font des quenelles contre les juifs".

Autres coupables : les hommes politiques, déplore Alain-Gérard Slama : "Aujourd'hui il n'y a personne pour dire : jusqu'ici mais pas plus loin". "Il y a un manque d'incarnation politique du rêve français", conclut Caroline Fourest.

L'entreprise est également en cause : "On doit s'engager beaucoup plus dans la voie de l'apprentissage et des stages, et avoir un véritable dialogue avec l'Education nationale et l'université pour que les formations correspondent aux besoins des entreprises", propose Guillaume Sarkozy, délégué général du groupe Malakoff-Médéric. Il déplore d'ailleurs que les dirigeants politiques, "au lieu d'investir pour préparer le futur, fassent de la dette pour la consommation immédiate". "Nous consommons leur avenir", dit-il, soulignant que le niveau de vie d'un trentenaire avait baissé de 17% en 20 ans.

Une seule chose rend les intervenants optimistes pour les jeunes : la révolution technologique, qui leur assurera "fluidité et transversalité" pour pouvoir changer plusieurs fois de métiers. Jean-François Kahn, lui, prône la révolution tout court ! "Une nouvelle nuit du 4 août – mais le jour ! - où tout le monde, à son niveau, mettrait sur la table ses privilèges. Dans l'intérêt du pays, chacun se demanderait, à proportion, à quoi il est prêt à renoncer".

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