Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog de Eric de Falco

Le blog de Eric de Falco

conseiller général du 1° canton de Rouen


La face cachée

Publié par Eric de Falco sur 26 Août 2014, 06:18am

Après bien des hésitations, les Américains ont finalement accentué leur soutien à la lutte contre l'Etat Islamique en Irak. Une aide qui intervient au moment où les djihadistes commençaient à progresser dangereusement vers le Kurdistan dans le Nord du pays.

Plusieurs raisons viennent expliquer la décision américaine d'intervenir militairement en Irak depuis quelques jours. La question était plutôt de savoir quand il serait nécessaire d'intervenir et comment plutôt que de savoir si oui ou non les Américains allaient intervenir.

Tout d'abord les Etats-Unis ont pris soin de s'appuyer sur une déclaration du Conseil de sécurité qui condamnait les attaques de l'Etat islamique (EI) afin de donner un aspect multilatéral à leur intervention.

Ensuite, les Etats-Unis ont mis en avant la mise en danger de personnels américains au Consulat d'Erbil pour justifier ces frappes. Notez que les Américains ont également des bases militaires et des experts militaires dans la région. Il n'était donc pas possible de rester les bras croisés.

Enfin, les Américains ont mis en avant la question de la minorité Yazidi pour donner un aspect éthique à tout ça. Le Congrès, poussé par le lobby kurde très actif, est sur le dos d'Obama.

Le président, qui marche sur des œufs, ne souhaitait pas vraiment s'engager et c'est pour cela que les frappes ont eu lieu avec prudence, plus pour remonter le moral des peshmergas qu'autre chose. Obama, ne souhaitant pas voir l'action américaine interprétée comme un soutien au Premier ministre Maliki s'est d'ailleurs assuré que ce dernier serait rapidement poussé vers la sortie, ce qui est chose faite depuis lundi.

Les Américains ont besoin des Kurdes. Les Kurdes sont des alliés fiables dans la région depuis des années. C'est d'ailleurs à leur demande que les Etats-Unis ont refusé de livrer des avions au gouvernement central à Bagdad, les empêchant d'une part de réagir efficacement contre l'EI mais encourageant aussi ce dernier à se tourner vers Moscou ?

Les Kurdes ne cachent pas leur volonté de créer un Etat indépendant. Ils sont allés jusqu'à mettre en service un oléoduc qui relie directement les gisements du Kurdistan irakien à la Turquie afin d'exporter leur pétrole en contournant les autorités irakiennes.

Il y a un mois, le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien Barzani ne voulait pas attaquer l'EI. L’avance des djihadistes a affaibli les forces du gouvernement central, les poussant à abandonner Kirkouk et Mossoul… au profit des Kurdes. Les peshmergas ont donc profité de la déroute de l'armée pour s'emparer de nouveaux territoires, agrandissant leur région de 40%. Ce sont ces territoires qui sont aujourd'hui disputés.

Avec le soutien des Etats-Unis, ce système, qui a favorisé les chiites et les Kurdes contre les sunnites, doit être réformé. Il faut à nouveau associer les sunnites au pouvoir et aider le gouvernement central. Le département d'Etat américain a annoncé lundi que les Etats-Unis avaient commencé à livrer des armes aux peshmergas. Cela donne l'impression que les Etats-Unis jouent une communauté contre une autre alors que le pays a justement besoin de voir ses institutions renforcées.

L'administration américaine est loin d'être sensible à la cause des Yézidis ou même à celle des chrétiens d'Irak, même si ces derniers trouvent du soutien dans la communauté chrétienne américaine. En revanche, l'administration américaine n'hésite pas à l'utiliser comme une couverture pour son intervention.

Comme souvent en Irak, l'intervention américaine en Irak a soulevé la question du pétrole. Les Kurdes, qui ont donc agrandi leur territoire ces dernières années, et encore, dernièrement, à la faveur de l'offensive djihadiste, cherchent à élargir bien sûr leur mainmise sur les champs pétroliers dans la région. Mais, les investissements et la masse pétrolière du Sud et de l'Est de l'Irak sont plus importants que ce que concentre le Kurdistan. Le Kurdistan irakien, c'est vrai, a des potentialités, mais elles ne sont pas de nature à concurrencer celle de l'Irak, surtout dans ces champs du sud.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Articles récents