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Le blog de Eric de Falco

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conseiller général du 1° canton de Rouen


Jacques Attali, le vrai président de la France.

Publié par Eric de Falco sur 19 Janvier 2014, 07:29am

Un président non élu, sans réelles prérogatives, mais avec un programme de réformes, né sous la droite et appliqué largement sous la gauche. Lancée en juin 2007 par Nicolas Sarkozy, la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par l’ex-conseiller de François Mitterrand, aura, au bout du compte, inspiré en profondeur deux quinquennats. Et trouvé en François Hollande un inattendu disciple.

Cette loi Macron n’est pas le seul emprunt aux 316 mesures proposées par la Commission Attali. Elle en est plutôt l’achèvement. Car, avant elle, il y a eu le CICE (la baisse de charge financée pour partie par la hausse de la TVA), la réforme territoriale (avec l’affaiblissement des départements), la modulation des allocations familiales en fonction des revenus, le programme de baisse de la dépense publique, la priorité à l’école primaire ou l’assouplissement des visas pour les étudiants étrangers…

Les deux hommes se connaissent depuis plus de trente ans. A peine nommé conseiller spécial de François Mitterrand, en 1981, Jacques Attali fait venir à l’Elysée un jeune couple d’énarques : Ségolène Royal et François Hollande. Ils resteront amis. Aujourd’hui, Attali est un assidu visiteur du soir du chef de l’Etat. Ils se voient en tête à tête ou à déjeuner. Un homme a fait le trait d’union : Emmanuel Macron. Avant de devenir banquier chez Rothschild, Macron aura été le rapporteur anonyme de la commission Attali. Elle va lui servir à la fois de tremplin professionnel et de corpus de pensée. Macron s’y constitue un épais carnet d’adresses qu’il fera fructifier en tant que banquier.

Mais c’est Attali qui, séduit par la mécanique intellectuelle de ce jeune ambitieux, le présente à François Hollande en 2010. La greffe va parfaitement fonctionner. Une fois à l’Elysée, le chef de l’Etat le nomme secrétaire général adjoint en charge des dossiers économiques. Puis ministre de l’Economie.

Attention, il faut se méfier de ce que raconte et écrit Attali. «Je suis triste d’avoir à dire que l’essentiel du mandat du président de la République est aujourd’hui joué sans que toutes les réformes soient là», confiait-il récemment à Paris Match.

Certains aiment se glorifier de leur supposée influence, Attali a plutôt tendance à la nier. Certes, quand on lui fait remarquer que la politique de Hollande puise très largement dans son rapport, il acquiesce volontiers. Mais il met deux bémols. Cela ne va pas assez vite ni assez loin. Et surtout, ajoute-t-il, il manque pour parachever sa grande œuvre deux réformes, à ses yeux essentielles : la suppression du principe de précaution et une réforme de la formation professionnelle digne de ce nom.

Sur la composition de la commission Attali, les 42 membres, comptaient 17 patrons, 6 économistes (mais aucun hétérodoxe), un seul syndicaliste, deux représentants d’association (mais aucun écologiste) et Yves de Kerdrel, chroniqueur au Figaro et actuel directeur général de Valeurs actuelles. Mais de tout cela Attali se moque.

Il dit voter à gauche, mais que la gauche n’a plus aucune signification. «Je reste de gauche, car c’est une immense joie de rendre service, dit-il dans un entretien à la Provence. Mais ce concept hérité du XVIIIe siècle est dépassé. La France n’a pas de projets depuis vingt-cinq ans et les partis politiques n’ont pas de programme.» Attali représente aujourd’hui tout ce que le FN adore détester, cette forme de pensée unique UMP-PS incarnée par un establishment libéral, fédéraliste et mondialiste.

Lui répond que si Marine Le Pen peut demain arriver au pouvoir c’est parce que les politiques n’ont pas suivi assez tôt sa doxa. A Paris Match qui lui demandait en octobre s’il pouvait s’imaginer en Président, il répondait : «Je pense humblement que je saurais. Je sais ce qu’il faut faire pour le pays soit heureux.»

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