"Les mines des amis de Nicolas Hulot étaient bien longues, samedi 4 juin, à l'entrée du congrès d'Europe Ecologie-Les Verts. La déclaration de l'ex-animateur de télévision lors d'un dîner avec des journalistes est répétée et commentée à l'envi.
L'écologiste médiatique a lancé en fin de repas : "J'ai pensé pendant un court temps de faire un tandem avec lui mais ce n'était pas envisageable car je suis obligé de tenir compte de la culture d'EE-LV". "A ce stade-là, il est moins envisageable d'être avec lui que de faire un partenariat avec les socialistes. Mais on est à dix-onze mois de la présidentielle…"
Ses partisans martelaient derrière : "Jean-Louis Borloo n'a rien à faire à EE-LV car c'est tout sauf un écologiste", lançait Jean-Vincent Placé, bras droit de Cécile Duflot. "La déclaration de Hulot est tout à fait sans sa cohérence. C'est un centriste qui n'a aucune culture de gauche", accuse Patrick Farbiaz. "Les adhérents hésitaient ; ils ne vont plus hésiter", disait Claude Taleb, élu de Normandie en parlant de la primaire à venir.
"Il a fait une phrase de trop, c'est une erreur de débutant", reconnaissait Yves Cochet, un des fervents partisans du père du Pacte écologique. "C'est son côté œcuménique et nouveau en politique : il croit vraiment qu'il peut rassembler au-delà jusqu'à des gens qui ne sont pas dans notre espace politique". L'écologiste vedette a dû se justifier
D'autres excusaient leur champion en mettant en cause un repas trop arrosé : "il était joyeux, il a bu quelques verres de trop", assurait serge Guérin. N'empêche, la sortie tombe mal à deux jours du premier débat à Toulouse devant les militants. "Il a dit ce qu'il pensait mais ce n'est pas bon à trois semaines du vote de la primaire", avoue Jacques Archimbault, directeur de cabinet de Dominique Voynet. La maire de Montreuil est allée à la rencontre de son "ami" Nicolas devant les caméras. "Il m'a torpillé en 2007", lance-t-elle alors tout sourire. "On ne va pas me reprocher de dire la vérité", se défend l'ex-animateur. "Si, si on va te le reprocher", lui répond alors Mme Voynet en riant. Nicolas Hulot, lui, jure qu'il "ne regrette rien".
La culture politique des verts restera pour nous socialistes, une véritable énigme. Nous avons depuis longtemps souffert d'une véritable pratique démocratique mal comprise qui nous a parfois coûté cher chez les citoyens, du fait des mécanismes subtils des débats à l'intérieur du parti.
Les verts sont en train de tomber dans les mêmes travers, à la différence notable que les candidats à leur "primaire" ne peuvent prétendre aujourd'hui, malgré toutes leurs qualités, à une véritable stature présidentielle.
Si l'on ajoute à cette situation les déclarations de Borloo qui veut engager un dialogue constructif avec Dominique de Villepin, on s'aperçoit que les dégâts collatéraux du séïsme DSK n'ont pas fini de recomposer la vie politique française et l'offre pour la présidentielle de 2012....
A nous de montrer notre sérieux, notre détermination et notre réalisme