François Hollande a tenu une ligne de crête, avec une campagne prudente mais obstinément calée à gauche. Il a annoncé un Premier ministre socialiste et un gouvernement de la gauche. François Hollande a cité, pour les associer, dès le 22 avril au soir, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Il a pris pour cible la finance et écarté l’austérité ; il a fixé comme objectif des négociations sociales avec les syndicats sur les retraites et les salaires ; il a appelé à une grande réforme fiscale ; il a appelé à une nouvelle branche de la sécurité sociale pour la « dépendance » ; il a défendu un encadrement des loyers ; il a proposé de rompre avec le système Sarkozy qui a affaibli le pays. Il a défendu une réorientat ion de l’Europe face au lourd passif de celle-ci placée dramatiquement sous le joug des néolibéraux.
Bien sûr, le second tour n’est pas joué, mais on entrevoit la possibilité de protéger le pays d’un second mandat de Sarkozy qui serait terrible pour tous les salariés. Sarkozy est un menteur grossier, manipulateur, cynique au service des 1 % les plus riches. C’est le pire président de la Ve République, le plus systématiquement antisocial depuis 5 ans.
Sarkozy, annonçant au passage qu’il écraserait les syndicats (son appel à un « très grand rassemblement du vrai travail » le 1er mai montre même qu’il recherche l’affrontement avec les syndicats sur leur propre terrain), n’hésiterait sur rien : austérité et chômage organisés, services publics détruits, droit du travail démantelé. Nous achèverions de perdre les hôpitaux publics, l’école publique, les services publics, EDF, la SNCF. Le Smic serait supprimé, la 5e semaine perdue, la RGPP serait poursuivie et la garantie de l’emploi pour les fonctionnaires s’envolerait.
Décidemment, il faut transformer l'essai du 1° tour. Le changement, c'est maintenant. Le 6 mai,
c'est François Hollande qui doit être notre nouveau Président.