Merci Jérôme, donc, et je te jure que ce merci n’est pas une vanne, un truc au 36e degré. Grâce à toi, ce gouvernement va peut-être enfin mener une politique de gauche. Il voyait en toi l’homme idéal pour faire voter le collectif budgétaire, pour rédiger les lettres de cadrage, pour écrire le projet de loi de finances.
Toi, le Lance Armstrong du budget… Toi, le parjure qui, les yeux dans les yeux de la France, affirmais que tu n’avais pas et n’avais jamais eu de compte en Suisse. S’il y avait encore quelques Français persuadés que les hommes politiques méritent quand même notre confiance, comme les lave-linge Vedette, tu viens de les faire passer pour des ravis de la crèche !
Ça va être dur maintenant de lutter contre la vague poujadiste du «tous pourris !» Ça va être compliqué de se passionner pour le débat politique sur Public Sénat. Je plains d’avance les ministres qui devront répondre aux prochaines questions d’actualité. Qui devront prendre des accents de vérité et de vertu républicaine. Comment va-t-on faire pour les écouter ?
Le gouvernement devrait saisir cette balle au bond pour réformer la fiscalité et commencer un vrai travail de lobbying européen pour rendre impossible toute tentative d’évasion fiscale
Nous sommes, grâce à toi Jérôme, persuadés que la France va se doter d’un système de traçabilité, une sorte d’Interpol fiscal. Après tout, toi et tes copains de la finance, du show-biz ou des affaires, en retirant votre argent du circuit de la fiscalité nationale, vous participez au désespoir humain, car vous apportez votre pierre à l’injustice, au manque d’égalité, à la faillite des valeurs de la République. Vous êtes, toi et tes copains d’exils et de lessives, des criminels sociaux.
Le gouvernement doit entrer en guerre contre les comme toi, contre ce cynisme qui fait que rien ne vous arrête. L’argent rassemble les gens de bonne compagnie, l’argent fait dîner la droite et la gauche dans de beaux appartements, l’argent relègue la conviction politique à un bon mot en fin de repas, en s’essuyant le coin de la bouche devenu rond comme un cul-de-poule avec la serviette brodée moulée sur l’index… Votre cause, vos luttes, votre idéal, c’est vous-même, votre argent et votre train de vie. Vos crimes sont pervers, car vous tuez par ricochets, en faisant des milliers de bandes, en silence. Et quand vous jurez la main sur le cœur, est-ce pour vérifier que votre portefeuille est toujours là dans la poche intérieure de votre veste ? Vous êtes la silicose sociale, vous nous asphyxiez lentement mais les morts sont de vrais morts…
Merci, car l’occasion est là de faire une vraie révolution fiscale, de voir jusqu’où on peut aller dans l’harmonisation européenne. Et si l’inertie bruxelloise freine nos ardeurs comme on peut s’y attendre, le gouvernement français peut au moins indiquer clairement aux autres pays de l’Union le chemin à suivre. Il peut revoir le statut pénal des contrevenants, en un mot revoir l’arsenal juridique, durcir les peines.
D’une certaine façon, et c’est pour ça, Jérôme Cahuzac, que je te remercie,de ton foutage de gueule national
Oui, parce que grâce à toi on peut tout imaginer ! On va de surprise en surprise ! Contrairement à monsieur Guaino, j’imagine très bien Sarkozy chez Liliane et ressortir avec une enveloppe sans odeur. J’imagine très bien Balladur donner carte blanche à ses sbires pour trouver du cash. J’imagine super-bien Sarkozy (encore lui) être très prompt à vouloir clore à jamais la bouche de Kadhafi. Je vois très nettement et très précisément des valises de billets convoyés par des seconds couteaux de la politique…
Merci