Une quinzaine de députés et élus socialistes ont écrit au président François Hollande pour lui demander de modifier son cap afin de répondre à "l'aspiration légitime des salariés et des ouvriers modestes à améliorer leurs conditions de vie matérielles".
"Il est urgent de remettre l'agenda économique et social en tête des priorités de l'action gouvernementale", écrivent, dans une lettre publiée lundi 17 décembre par Le Parisien-Aujourd'hui en France, ces élus, sous la houlette de Laurent Baumel, député-maire de Ballan-Miré (Indre-et-Loire), Philippe Doucet, député-maire d'Argenteuil (Val-d'Oise) et François Kalfon, conseiller régional d'Ile-de-France.
"Le scepticisme croissant des couches populaires et moyennes, qui ont pourtant joué un rôle-clé dans l'élection de François Hollande, nous invite à hiérarchiser notre action, car elles attendent d'abord des réponses fortes sur le terrain du pouvoir d'achat et de l'emploi", ajoutent ces députés, dont certains issus des anciens réseaux de Dominique Strauss-Kahn.
"Si nous souscrivons à l'objectif de redressement des comptes publics et de la compétitivité de nos entreprises poursuivi par le gouvernement, nous pensons qu'il faut l'accompagner de la mise en place de la grande réforme fiscale redistributive annoncée par François Hollande pendant sa campagne", expliquent les signataires. Il s'agit, selon eux, de "restituer du pouvoir d'achat aux millions de salariés qui subissent la stagnation salariale et la difficulté croissante à boucler les fins de mois, à mettre de l'essence dans le réservoir, à payer le loyer ou les études des enfants".
La lettre est signée également par Sylviane Alaux, députée des Pyrénées-Atlantiques, Christian Assaf, député de l'Hérault, Isabelle Bruneau, députée de l'Indre, Anne-Yvonne Le Dain, députée de l'Hérault, Michel Lesage, député-maire de Langueux (Côtes-d'Armor), Jean-Philippe Mallé, député des Yvelines, Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, Patrice Prat, député-maire de Laudun (Gard), ou encore Jacques Valax, député du Tarn, selon le quotidien.
L'emploi, action prioritaire pour 66 % des Français
Deux Français sur trois (66 %) jugent que l'emploi devrait être le domaine d'action prioritaire en matière d'action publique, contre 46 % il y a un an, selon le baromètre BVA-Institut Paul-Delouvrier des services publics publié lundi, qui note "une poussée spectaculaire" de cette préoccupation.
Entre 2010 et 2011, la proportion de Français jugeant l'emploi prioritaire était passée de 58 % à 46 %. L'éducation nationale arrive en deuxième position (48 %), suivie de la santé publique (38 %).
Par ailleurs, avec 42 % de bonnes opinions, ce sondage montre "un large mécontentement des Français dans la plupart des principaux domaines d'intervention" de l'Etat, rechutant "aux niveaux habituels observés sous la présidence Sarkozy"