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Le blog de Eric de Falco

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conseiller général du 1° canton de Rouen


Sarkozy, symptôme de la perte de crédibilité

Publié par Eric de Falco sur 23 Janvier 2012, 08:01am

Catégories : #les élections

Christian Salmon, écrivain, chroniqueur et auteur d'un livre sur le "StoryTelling" livre ses impressions sur ce début de campagne.

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Peut-on comparer cette campagne de "massacre à la tronçonneuse" avec celles de Bush en 2004 orchestrée par son conseiller Karl Rove ? 

- Apparemment, ils s'en inspirent. La réélection de Bush en 2004 s'annonçait difficile. Son équipe a bombardé son adversaire John Kerry qui avait un peu le même habitus que François Hollande aujourd'hui.

Mais la comparaison s'arrête là. Sarkozy est plus bas dans les sondages que ne l'était Bush. Il semble que ce soit plutôt panique à bord. Il y a une incontinence de réforme qui rappelle le début du quinquennat et crée de la confusion.

Comment interprétez-vous la stratégie du président sortant ?

- En 2007, Nicolas Sarkozy est arrivé avec une story-line assez cohérente avec une ligne néo-libérale et la volonté de recrédibiliser la fonction par le volontarisme.

Mais depuis, l'inflation d’histoires a ruiné la crédibilité du narrateur. Il a été néo-libéral puis socio-démocrate, a démembré la fonction publique puis a voulu faire de l'Etat un rempart…

On assiste à une crise du sarkozysme à l'approche de l'élection. Et Nicolas Sarkozy est devenu le symptôme de la perte de crédibilité du politique. A force de changer, Sarkozy est revenu à son point de départ. Un réformisme brouillon. Un activisme sans ligne de force.

Pour continuer à assumer la posture du président volontariste il s'appuie sur d'autres. C'est Merkozy pour se crédibiliser face aux marchés ou encore Sarkobama pour redresser son image dans l’opinion… Il est ainsi obligé de jouer les seconds rôles sur la scène internationale pour retrouver le premier rôle sur le plan national. Mais il reste souverainement impopulaire.

On fait trop souvent l'erreur de scruter les ressorts psychologiques de Sarkozy comme un génie-stratège, il apparait plutôt esclave de ces revirements.

Cette attention liée au temps réel, au talk-shows, à la fausse intimité mise en place avec les politiques autorise une curiosité comme dans une série TV. J'en viens à me dire que le concept du StoryTelling (l'art de mettre en scène et de construire un récit ndlr) est un piège. La vérité c'est qu'on leur prête une histoire plus qu'ils n'en construisent. Ils deviennent peu à peu des acteurs de Téléréalité qui s'adaptent, les yeux scrutés sur les sondages aux attentes supposées de leur audience..

Comment définiriez-vous les autres candidats ?

- Contrairement à ce qu'elle prétend, Marine Le Pen n’est pas anti-système. Elle s’est forgée un personnage conformément aux lois du marketing politique. Elle a une véritable story line et une cohérence narrative. Avec une féminité macho que l'on trouvait aussi chez Sarah Palin.

Bayrou est dans l'épique, tous les 5 ans il revient avec les même idées comme Don Quichotte avec un discours incantatoire. Il voudrait seul réunifier tout le monde. De Gaulle pouvait le faire en 58 parce que la France était en lambeau. Et Bayrou n'est pas De Gaulle.

 

extraits d'un article du monde de la semaine dernière

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