Déjà, cela commençait mal. Le Premier ministre François Fillon a été copieusement sifflé dès son arrivée au Congrès des maires de France réuni à Paris. Opposés à la réforme de la taxe professionnelle, les élus ont crié : "Où est Sarko? Où est Sarko?"
Malgré l'impopularité de la réforme parmi les élus locaux, François Fillon ne veut pas reculer. Devant les maires réunis jusqu'à jeudi, Porte de
Versailles à Paris, il a assuré que l'exécutif ne "pouvait accepter de repousser" la réforme de la taxe
professionnelle, qu'il a qualifiée de "vitale". « La violence de la crise économique
et l'exacerbation de la concurrence internationale justifient sa mise en œuvre immédiate », a-t-il justifié."Ne pas inscrire cette réforme dans l'actuel projet de loi de finances, cela
aurait été prendre une année de retard alors même que la reprise se joue maintenant!", a insisté le chef du gouvernement.
Devant tant de détermination, plusieurs dizaines d'élus locaux ont commencé à quitter l'enceinte où le Premier ministre continuait à s'exprimer. "Ca sert à rien de rester. C'est
du baratin ", a déclaré à l'AFP
Pascal Cherki, maire PS du XIVe arrondissement de Paris, un des élus qui quittaient la salle. Le président du groupe PS au Sénat, Jean-Pierre Bel, a estimé que le Premier ministre "n'a pas
entendu le désarroi des élus locaux" face à des projets "régressifs". Dans un communiqué, Jean-Pierre Bel "déplore l'entêtement du gouvernement à improviser la suppression de la ressource
principale des collectivités locales et à imposer la réforme territoriale"."Sous l'enrobage démagogique de la baisse de la dépense publique se cachent des visées purement politiciennes: asphyxier
les contre-pouvoirs locaux et marginaliser les collectivités locales!", ajoute-t-il.
François Fillon a bien tenté de les rassurer. "Il ne s'agit pas de réduire les ressources financières des collectivités locales : elles seront confortées à l'issue de la réforme que propose le gouvernement", a-t-il déclaré "Il ne s'agit pas de redéployer les charges des entreprises vers les ménages: les ménages ne sont pas affectés par la réforme", a aussi dit François Fillon lors d'un discours devant plusieurs milliers d'élus réunis au Congrès des maires de France. L'AMF rassemble près de 36.000 maires et présidents de communautés.