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Le blog de Eric de Falco

Le blog de Eric de Falco

conseiller général du 1° canton de Rouen


Brouillon de culture....

Publié par Eric de Falco sur 20 Avril 2013, 06:26am

Catégories : #actualité

Ils se voient comme le «peuple de France» dressé contre la «dictature» en marche. Ces jeunes militants de droite ou d’extrême droite, se revendiquant de «Gandhi» ou «Solidarnosc», multiplient les coups d’éclat contre le projet de loi sur le mariage homosexuel, dont l’examen a repris hier à l’Assemblée nationale. Harcèlement de ministres ou de personnalités engagées en faveur de la loi (lire page 5), barbouillage de locaux LGBT, happenings de rue… Pour eux, les défilés dominicaux derrière Frigide Barjot ont vécu. Exit le rose et le bleu ciel de la Manif pour tous, tout comme le logo de la famille «modèle». «Trop bisounours», a tranché Béatrice Bourges, ex-comparse de Barjot, désormais bombardée porte-parole du «Printemps français», un nouveau label partisan de la «radicalisation».

L’expression Printemps français apparaît pour la première fois en début d’année sur des blogs de militants chrétiens. L’avocat Jacques Trémolet de Villers, qui a défendu le milicien Paul Touvier, la reprend  allant jusqu’à évoquer une filiation avec les «printemps arabes». Revendiquant aussi l’esprit de «Mai 68», Trémolet appelle de ses vœux une «insurrection permanente». Sur son site internet, le Printemps français détourne des symboles traditionnels de la gauche - le fameux «on ne lâche rien» du Front de gauche et le poing levé. «Cette rétorsion lexicale est une vieille méthode de l’extrême droite française. Il s’agit d’une contre-subversion symbolique qui permet à ces mouvements d’avoir l’air subversifs tout en étant parfaitement réac.

 Les réseaux catholiques traditionalistes reconnaissent sans peine leur implication dans les mouvements anti-mariage pour tous. Président de l’institut intégriste Civitas, adepte des prières de rues, Alain Escada souhaite «rompre avec la ligne festive de Frigide Barjot : l’heure est au durcissement». Le patron de Civitas prône d’autres actions, comme «encourager les maires à ne pas appliquer la future loi» ou «mettre en place une résistance économique en retirant de manière simultanée l’épargne des livrets A». Ichtus, un institut catholique traditionaliste, apparaît aussi à la manœuvre, grâce à ses réseaux de formation des élites.

 Dans ces milieux, on n’a pas oublié la mobilisation de 1984 pour l’école libre. L’agitation à l’époque leur avait permis de regonfler les effectifs pour plusieurs années. L’enjeu, pour les milieux catholiques traditionalistes, c’est de savoir s’ils ont la capacité, grâce à ce débat sur le mariage homosexuel, de réimposer leur vision dans une éventuelle recomposition des droites.

Depuis quelques semaines, une nouvelle forme d’action fait fureur chez les opposants au mariage pour tous : les comités d’accueil de ministres. Chaque sortie publique, chaque inauguration ou prise de parole des membres du gouvernement doit être perturbée. Cette stratégie du harcèlement a contraint des cabinets à ne plus rendre publics les déplacements de leurs ministres. Les militants du Printemps français vont parfois plus loin, interpellant les politiques jusqu’à leurs domiciles.

 En fait, c’est toute la blogosphère réactionnaire qui se mobilise via les réseaux sociaux. Une spontanéité qui permet au mouvement d’organiser des actions en moins d’une heure, comme le blocage de la rue de Rivoli, lundi, par les «Hommen», un énième rejeton de la Manif pour tous, qui appelle à défiler torse nu et visage masqué.

Les groupuscules d’extrême droite sont à la manœuvre depuis  le défilé du 24 mars. Ce jour-là, une partie des manifestants quitte le cortège officiel pour marcher sur les Champs-Elysées, malgré l’interdiction préfectorale. Parmi eux, des groupes comme le GUD, le Renouveau français ou les Jeunesses nationalistes, liés à l’extrême droite la plus dure. Ces derniers, des pétainistes dirigés par Alexandre Gabriac, ont depuis participé à des actions coup de poing, contre Erwann Binet, le rapporteur du projet de loi à l’Assemblée, ou l’essayiste Caroline Fourest, une de leurs bêtes noires. Quant au Front national, il est jusqu’ici resté officiellement à l’écart du mouvement. Julien Rochedy, président de la branche jeunesse du FN, reconnaît toutefois que des militants se joignent aux actions des anti, «à titre personnel». Au sein du parti, on regarde avec intérêt cette radicalisation, potentielle source d’adhésions.

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